"The Sky is on Fire" : le monde virtuel étrange d'Emmanuel Van Der Auwera au Botanique

Mis à jour : 10 oct. 2019

Du 5 septembre jusqu’au 3 novembre 2019, l’artiste bruxellois Emmanuel Van Der Auwera présente dans l’espace Museum du Botanique, son film The Sky is on Fire créé en 2019 et co-produit par le Botanique. L’œuvre, sous forme d’installation immersive, questionne notre culture visuelle omniprésente et déjoue les codes de représentation et de transmission des images issues des médias de masse pour recréer un univers chimérique et numérique.


A quoi ressemblerait un monde dématérialisé et dépourvu de vie humaine ? Que se passerait-il si l’homme disparaissait pour ne laisser derrière lui plus qu’une poussière numérique composée de data ? Présenté pour la première fois au public, The Sky is on Fire nous plonge dans un monde numérique à l’esthétique floue et instable. C’est à l’aide d’une application permettant de photographier et de « scanner » les objets à l’aide d’un smartphone, qu’Emmanuel Van Der Auwera reconstitue un paysage urbain virtuel fantasmatique dans lequel nous arpentons les ruelles d’un quartier de Miami.

L’espace physique entre dans l’espace numérique où chaque élément qui le compose a été photographié des centaines de fois pour être ensuite reconstitué numériquement. La banalité du paysage s’oppose aux formes grotesques composées de bugs et de glitchs délibérément recherchées par l’artiste. Par ce procédé, l’artiste parvient à créer un espace étrange, hors du temps et sans vie où seules des formes sans fond subsistent. L’homme n’est pourtant pas totalement absent puisqu’une voix nous accompagne dans ce voyage numérique. Elle est celle de Chaz, un habitant insomniaque de ce quartier, qui affligé par la solitude, se lance dans un monologue questionnant notre rapport à la technologie et notre peur de la mort :


« You know we’re in the digital age, and it’s all saved. It’s all savedn, it’s all gonna be here. […] We’re temporary, our bodies are temporary, what we do is permanent. »
« Tu sais, nous sommes à l’ère numérique et tout est enregistré. Tout est sauvé, tout restera. […] Nous sommes temporaires, nos corps sont temporaires, ce que nous faisons est permanent. »

Cet enregistrement a été capturé sur la plateforme Periscope permettant à ses utilisateurs de retransmettre en direct ce qu’ils sont en train de filmer pour les partager à des inconnus du monde entier. Emmanuel Van Der Auwera a par ailleurs réutilisé ce média pour son film The Death of K9 Cigo présenté actuellement à la galerie bruxelloise Harlan Levey Projects pour un dyptique en collaboration avec Le Botanique. Le film retrace l’histoire vraie d’un chien policier tué lors d’une fusillade en Floride à partir de vidéos publiées sur Periscope que l’artiste a rassemblé et édité pour devenir plus qu’un seul regard unique mais collectif. Ces deux films interrogent notre culture numérique où les images qui composent notre univers digitale deviennent des traces telles des reliques de notre existence physique qui perdureront bien après notre mort. Si Internet était finalement la garantie d’une vie éternelle, quelles traces voudrions-nous y laisser ? Ces interrogations sont propres à la démarche artistique d’Emmanuel Van Der Auwera qui par ses films, tend à sensibiliser le public sur l’éducation aux médias à l’ère numérique. Pour poursuivre ces interrogations et plonger encore plus en profondeur dans l'univers artistique d'Emmanuel Van Der Auwera, l'artiste belge expose actuellement plusieurs oeuvres au WIELS pour l'exposition collective Open skies dont des peintures et sculptures.


Emmanuel Van Der Auwera : The Sky is on Fire

Le Botanique

Rue Royale 236, 1210 Saint-Josse-ten-Noode

Emmanuel Van Der Auwera : The Death of K9 Cigo Galerie Harlan Levey Projects Rue Jean d'Ardenne 46, 1050 Ixelles

Open skies

WIELS

Avenue Van Volxem 354, 1190 Forest

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