SERIE II : Barmaid_Juliette

Mis à jour : 7 mai 2019

Cette deuxième série de portraits est consacrée au métier de barman. Pour ce premier portrait, rencontre avec Juliette, barmaid au grand coeur. Ses cocktails sont aussi forts que son caractère. Munie de sa pelle à glaçons et de son tire-bouchon, elle impose le respect derrière son bar.

Peux-tu te présenter et nous expliquer ton parcours ?

Je m’appelle Juliette, j’ai 26 ans et actuellement je suis barmaid aux Jeux d’Hiver. Avant, j’ai travaillé au Wood pendant 5 ans : après avoir fini mes études, je suis partie un an en Angleterre où j’ai beaucoup fait la fête. En rentrant à Bruxelles j’ai découvert le Wood et je sortais tellement souvent là-bas qu’ils ont fini par m’embaucher ! J’ai commencé au bar car j’avais des facilités : j’aime être efficace et travailler vite. Après ça, j’ai repris mes études dans la comptabilité, c’est pas très sexy je l’avoue ! (rires) Mais suite au décès de ma mère, j’ai fini par arrêter car j’ai réalisé que ce n’était pas ce que j’aimais faire. Le jour, je m’intéresse beaucoup à tout ce qui est cosmétique naturel et bio. J’ai lancé une page Instagram (@rulietonaturel - ndlr) consacrée à des astuces de santé et des recettes de produits naturels à faire chez soi. A côté de mon boulot, durant ma courte semaine où je ne travaille pas, j’essaie d’avoir une vie plus saine, de faire du sport et de bien manger. Ça peut paraître paradoxal puisque j’adore faire la fête mais j’ai besoin d’avoir cet équilibre-là. Le monde de la nuit me prend beaucoup d’énergie. Travailler le soir du jeudi au dimanche, c’est long. Après des années de travail, j’ai appris à avoir des habitudes plus saines.


Tu aimes toujours autant faire la fête depuis que tu travailles dans le milieu de la nuit ?


Bien sûr, j’adore sortir et faire la fête ! Souvent après le service, je sors encore. Même les jours où je ne travaille pas, je vais sortir dans des bars ou des clubs. Je suis encore jeune, c’est le moment d’en profiter. Plus tard, on aura tout le temps de se reposer !


Qu’est-ce qui t’a attiré dans le métier de barmaid ?


C’est l’aspect festif et le contact avec les gens qui m’ont le plus plu. J’adore ça, je suis assez sociable et très franche. Derrière un bar, je me sens vraiment à l’aise. Je rencontre à chaque fois des gens différents, parfois des personnes sympas et d’autres moins. Là où je travaille actuellement, j’ai une belle clientèle et les gens sont respectueux même si parfois on peut tomber sur un connard, comme partout dans le milieu de la nuit ! Mais j’adore vraiment y travailler. L’équipe est géniale et je m’y sens bien ! Quand j’y vais, j’ai le sourire. Les gens sont cool et j’ai mes clients habitués. Ils me connaissent. C’est vraiment le genre d’ambiance que je recherche en tant que barmaid. J’ai besoin de me sentir comme chez moi.


Comment décrirais-tu le milieu de la nuit à Bruxelles ?


Le Wood était un endroit très atypique où on pouvait vraiment faire la fête. A l’heure actuelle, tu as plusieurs boites comme le Zodiak, le C12 ou le Fuse qui ont su garder cet esprit festif et convivial. Maintenant que je suis aux Jeux d’Hiver, il est vrai que j’ai une vision du milieu de la nuit bruxelloise totalement différente. C’est un milieu plus aisé qui fréquente les Jeux d’Hiver. Même si ça ne reflète pas forcément la personne que je suis dans la vie de tous les jours. Je ne suis pas quelqu’un qui se prend la tête et je ne mets pas des robes à 1 000€ sur moi ! (rires) Mais après j’aime bien ce côté un peu « strass et paillettes » que j’avais pas du tout au Wood par exemple. Ici on a des soirées évènements où on se fait maquiller et pouponner. On est toutes très belles avec des costumes de dingue. Rien que pour ça, travailler dans ce genre d’endroit est juste génial. C’est impressionnant et fou à la fois. Il peut y avoir un côté mondain que tu ne retrouves pas dans ton quotidien et qui t’émerveille. Et en coulisses, si pour une soirée il y a un traiteur, forcément en fin de soirée on est super contents car on peut aussi en profiter. Ce sont des à-côtés qui te font plaisir quand tu viens travailler.


Comment se comportent les bruxellois la nuit ?


Pour être honnête, ça dépend. D’abord, ça dépend de toi et de ta propre humeur. Par exemple, je suis une barmaid très souriante mais je peux vite changer d’humeur. Donc si tu me manques de respect en me criant dessus et en m’agitant devant moi un billet de 50€ du style « je suis là, je suis là ! » ça va concrètement me crisper et je peux devenir méchante. Il y a un minimum de respect à avoir. Certains comportements nous oppressent vraiment. Le billet dans la tronche, c’est un très bon exemple car c’est quelque chose que je ne supporte pas. Alors qu’un client qui ne va rien faire et attendre sagement, je vais préférer le servir directement et discuter avec lui. La manière dont le client t’aborde est très importante. Tu peux aussi avoir des gens complètement déchirés. A ceux-là, au lieu de leur servir la tequila qu’ils me demandent, je vais plutôt leur proposer un verre d’eau.

Quand je m’occupais des vestiaires au Wood par exemple, je devais gérer les clients qui avaient perdu leurs tickets de vestiaires. Ils devaient faire la file pour récupérer leurs affaires à 7 heures du matin. J’ai vécu des fins de soirées horribles où je me prenais des pièces de monnaie en pleine figure tellement certains étaient impatients et super agressifs. Mais aux Jeux d’hiver, j’adore la clientèle !



Aurais-tu une anecdote à nous raconter ? Un évènement qui t’aurait marqué ?


J’ai connu des situations particulièrement flippantes notamment au Wood. Un soir il y avait un client qui ne quittait absolument pas le bar et il n’arrêtait pas de boire des Corrona les unes après les autres. Et il est resté au bar de minuit à six heures du matin à me regarder travailler. J’arrêtais pas de me demander « Mais comment il fait pour ne pas avoir envie d’aller aux toilettes ? » A la fin de mon service et au moment où je mets ma veste pour partir, le client se lève aussi. Les videurs étaient avec moi et m’ont rassurée en me raccompagnant jusqu’à ma voiture. Et le client nous suivait et insistait absolument pour venir avec moi. J’étais vraiment mal. Je priais intérieurement pour qu’il ne voit ni ma plaque d’immatriculation ni le modèle de ma voiture car j’avais vraiment peur qu’il me retrouve. De temps en temps, on a des clients qui sont vraiment angoissants mais aux Jeux d’hiver, je n’ai jamais eu ça.

Je suis un peu sanguine, c’est pas des anecdotes dont je suis particulièrement fière, mais il m’est déjà arrivé plus d’une fois de devoir lever la main aussi. Hier soir par exemple, un client m’a volé une bouteille et il ne voulait pas la rendre. J’ai dû lui mettre un coup pour qu’il la lâche. Je menace aussi souvent les clients avec mon décapsuleur ou ma pelle à glaçons ! (rires)


Quand le client me manque de respect et que je suis vraiment à bout, je lève ma pelle à glaçons et je lui dis de ne pas me chercher.

S’il est cool avec moi, il n’y a aucune raison que je lui manque de respect. Mais quand tu travailles à 4 heures du matin, t’es sobre, en face de toi la personne est complètement bourrée et elle commence à t’agresser et à t’insulter, c’est sûr que ça va dégénérer. Je suis comme les clients, il est tard et je suis fatiguée. J’ai travaillé en te servant toute la nuit, la moindre des choses c’est que tu sois respectueux avec moi.

Ça peut paraître bête mais je suis une barmaid assez généreuse, je suis pas du style à servir des verres avec 2 ml d’alcool dedans. J’ai pour habitude de préparer de bons verres où le client en aura pour son argent mais si on est pas sympa avec moi, forcément ça me donne pas envie de l’être.

BACKSTAGE PASS

EXCLUSIVE EVENTS

VIDEOS REPORTS

ARTICLES 

  • Facebook
  • YouTube
  • Instagram