Keith Haring au BOZAR : Tout ce que vous ne savez pas (encore) sur l'artiste américain.

Mis à jour : janv 2

Après Liverpool, l’exposition itinérante très attendue de Keith Haring a ouvert ses portes au public le 6 décembre dernier au BOZAR de Bruxelles et jusqu’au 19 avril 2020 avant de prendre ses quartiers à Essen en Allemagne. Cette rétrospective suit la chronologie de la carrière fulgurante de l’artiste américain aux dessins iconiques qui marquèrent à jamais l’imaginaire collectif de ses traits noirs fluides et énergiques, reconnaissables en un regard. Issu de la scène artistique underground de New-Yorke, il fréquenta le mouvement avant-garde ainsi que les grandes célébrités de l’époque telle qu’Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat ou encore Madonna pour ne citer qu’eux, et devint vite à son tour et malgré lui, une figure incontournable de la culture pop. Pourtant, on est sûr que vous ne sachez pas encore absolument tout de cet artiste brillant.

Keith Haring dessinant des séries en 1982.© Joseph Szkodzinski

1. Sa première passion était la bande dessinée

Avant le grafiti et bien avant le pop-art, Keith Haring était un passionné de bandes dessinées. Né en 1958, il grandit dans l’État de Pennsylvanie aux États-Unis. Son père, Allen Haring, est ingénieur et passionné de bandes dessinées, un attachement qu’il transmettra à son fils qui, dès son plus jeune développa un grand intérêt pour l’art graphique au point de vouloir devenir plus tard auteur de bande dessinée, une vocation à laquelle il renoncera cependant assez vite. Enfant, il est également fortement marqué par les dessins de Walt Disney et les personnages des Looney Tunes issus du Bugs Bunny Show. Ses premières fascinations de jeunesse furent une source d’inspiration inépuisable pour lui puisqu’il intègrera plus tard dans ses œuvres des éléments issus de la bande dessinée et du cartoon qui devinrent sa marque de fabrique.

© Keith Haring

2. Artiste, curateur et performeur !

Connu et reconnu pour ses dessins et collages, Haring devint la figure de proue du mouvement artistique underground new-yorkais. Quelque peu effrayé par son succès commercial fulgurant et grandissant, il garda toutefois sa volonté d’élever avec lui cette scène par l’accompagnement et la promotion de la production artistique. C’est dans le Club 57, un club caché dans le sous-sol d’une église polonaise à St Mark’s Place, qu’il devient le curateur du lieu aux côtés de son ami et artiste Basquiat. Ensemble, ils gèrent et co-organisent les expositions du Club 57 où on pouvait y voir l’installation Cosmic Closet de M. Scharf, les premiers dessins de Basquiat et de Haring ainsi que des vidéos d’une performance d'Ann Magnuson, les photographies de Katherine Dumas, Joseph Szkodzinski, Tseng Kwong Chi et Ande Whyland, les sérigraphies de John Sex et les portraits des frères Adolfo et Oliver Sanchez. Au début des années 80, Haring organisa également des expositions de street-art au sein du Mudd Club, qui à l’instar du Club 57, état un lieu particulièrement prisé par l’élite avant-gardiste new-yorkaise. Il en profita pour s’essayer à de nouveaux médiums dont la performance. En effet, alors qu’il n’était encore qu’étudiant à la School of Visual Arts de New-York, il se passionna pour les performances entre autre de l’artiste britano-canadien, Brion Gysin. A ce jour, seules quelques rares photographies témoignent encore de ses performances réalisées au Club 57 ou au Mudd Club.


Keith Haring en pleine performance pour une des soirées des “Acts of Live Art” au Club 57 en 1980. © Joseph Szkodzinski

3. Il a peint le mur de Berlin

On le sait, Keith Haring était un artiste particulièrement engagé. Il se sentait très concerné par les problèmes de société de son époque et il lutta contre les discriminations ethniques et sexuelles. Dans ses œuvres, il dénonça également la consommation abondante du crack mais aussi l’armement nucléaire et la lutte contre le sida. Mais saviez-vous que Keith Haring avait peint le mur de Berlin ? En 1986, soit cinq ans avant sa chute, l’artiste américain peigna une fresque murale de 300 mètres de long sur du mur de Berlin, côté ouest. Les dessins représentaient des personnages aux couleurs du drapeau allemand, symbolisant son espoir de voir un jour le pays réunifié et la paix régnée. Avec le temps, les dessins ont été recouverts par le travail d’autres artistes, avant d’être détruit avec la chute du mur en 1991.

Keith Haring, Fresque murale sur le Mur de Berlin (1986) © Tseng Kwong Chi

4. Il est mort du sida. Très actif dans la lutte contre le SIDA et la propagation du virus du VIH dès son apparition dans les années 80, Keith Haring n’hésita pas à prendre publiquement la parole et rejoindre les manifestations organisées par ACT UP pour interpeller les autorités publiques américaines face à cette épidémie mortelle qui toucha et emporta de nombreux amis et proches de l’artiste dès 1985. En rejoignant le mouvement ACT UP, il réalisa une série d’affiches avec un slogan fort et impactant « SILENCE = DEATH » afin de sensibiliser l’opinion publique au SIDA et à la prévention de la maladie par l’usage du préservatif.

Keith Haring at ACT Up City Hall Protest. © John Penley

Ce que l’on sait moins, c’est qu’il était lui-même contaminé par le virus. Il l’apprend officiellement en 1988 mais déjà à la date du 28 mars 1987, il affirmait dans son journal, avoir les premiers symptômes de la maladie et écrivit : "Mes jours sont comptés. […] Avec la vie amoureuse que j'ai eue, le grand nombre de rencontres sexuelles que j'ai faites, je dois être atteint..." Face à ce compte à rebours morbide, il prend la décision en 1989 de créer sa propre fondation, la Keith Haring Foundation, pour perpétuer son héritage artistique, soutenir la création et venir en aide aux enfants défavorisés et aux malades du sida. La maladie l’emporta finalement le 16 février 1990 alors qu’il n’était âgé que de 31 ans. En seulement une décennie, Keith Haring bouleversa le monde de l’art grâce à ses œuvres artistiques accessibles, populaires et engagées qui marqua à jamais l’histoire de l’art.

Keith Haring, "Ignorance = Fear", 1989 © Keith Haring Foundation

Keith Haring Du 06 décembre 2019 au 19 avril 2020 BOZAR Rue Ravenstein 23 1000 Bruxelles Tarifs : Prix plein à 18€. Offre pour les -30 ans : -50% sur le prix plein du billet si vous réservez votre place en ligne, ici.

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