HORST : Arts, musique et architecture pour une expérience transcendante

Depuis 2014, le festival Horst explore les liens entre arts, musique et architecture. Le festival pluridisciplinaire transforme la scène en champ d’expérimentation propice aux jeunes artistes laborantins pour présenter des installations artistiques pertinentes accompagnées d’une programmation de musique électronique pointue et dans une architecture insolite. Oubliez le white cube et les clubs aseptisés, Horst prend le pari d’investir des lieux qui sortent des sentiers battus pour y apporter une nouvelle énergie créative dont l’art et la musique en sont les catalyseurs. Pour cette nouvelle édition qui se tiendra du 13 au 15 septembre 2019, Horst opère un changement majeur en prenant ses quartiers dans les anciennes casernes militaires Asiat à Vilvoorde dans une ambiance warehouse post-apocalyptique à ravir les festivaliers avides d’expériences artistiques atypiques.


Sur l’ancien site militaire Asiat le long de la Senne, il faut se laisser guider par ses pas, ne pas avoir peur de s’aventurer et de pousser quelques portes pour entrer dans des hangars désaffectés afin d’y découvrir les installations artistiques de Fallen empires and refound desires. L’exposition de Horst s’inspire du climat oppressant actuel, le zeitgeist, pour renverser ce sentiment d’insécurité et de peur face aux bouleversements climatiques, sociaux et politiques qui assombrissent nos cœurs et nos esprits. L’exposition tend à transcender l’effroi pour en révéler tout le sublime grâce à une sélection d’artistes internationaux qui explorent les traces d’un passé déchu pour mieux appréhender un présent effrayant et anticiper un avenir de plus en plus incertain avec à la clé, la promesse de nouveaux départs. Les œuvres d’art retentissent d’avantage dans l’atmosphère froide et quasi-hantée de ces anciennes casernes militaires, elles-mêmes considérées comme un vestige d’une structure de pouvoir perdue et depuis longtemps déchue. Rien de surprenant donc, à trouver encore des traces de ce passé militaire sur le site même. La ville de Vilvoorde a d’ailleurs acheté cet espace de de 5,7 hectares pour en faire un nouveau pôle économique attractif qui accueillera plus tard, des entreprises et même une école. Le choix de Horst d’investir un tel lieu est particulièrement pertinent et marque le point culminant d’un programme estival destiné à un large public. L’exposition est par ailleurs accessible depuis le 14 juillet dernier et le restera jusqu’au 16 septembre, date de fin du festival.

La spécificité du site Asiat est propice à la déambulation et à l’exploration des œuvres d’art réparties aux quatre coins du site qui malgré leur distance spatiale, vibrent et résonnent entre elles pour gagner en intensité. L’installation Jewels (2019) de Benni Bosetto (née en 1987 à Milan) nous présente ses bijoux-sculptures faîtes à la main en terre cuite. Accrochées au plafond, elles ornent les colonnes et la structure du toit de l’ancienne caserne militaire.

L’installation "Jewels" (2019) de Benni Bosetto

La surface au sol est recouverte d’eau pour mieux refléter et amplifier la dimension quasi-mystique de ces parures représentant des figurines animés, des parties de corps et de végétations pour devenir des éléments d’un rituel dont le visiteur devient l’acteur. Ces ornements mystérieux, proches du macabre semblent être les dernières traces d’une civilisation disparue à l’instar des étranges créatures de l’artiste Lito Kattou (né en 1980 à Nicosie) qui ont trouvé refuge dans un hangar situé quelques mètres plus loin. L’œuvre in-situ Erratics (2019) dévoile un jardin d’intérieur dans lequel se cachent d’étranges animaux munis de boucliers ou encore de lunettes de ski pour se protéger d’un traumatisme qui les ont amené à s’isoler pour mieux s’adapter à un état naturel devenu hostile.

L'installation in-situ "Erratics" (2019) de Lito Kattou

La structure du toit délabré laisse passer quelques rayons ensoleillant la végétation qui a repris le pouvoir sur le béton et la taule. Les éléments naturels sont omniprésents dans les deux œuvres ; qu’il s’agisse de l’eau, l’élément de vie par excellence présent dans Jewels ou de la végétation qui est la seule compagnie des créatures de Lito Kattou, il semblerait que la nature soit l’unique élément porteur d’espoir dans ce décor post-apocalyptique où l’homme est le grand absent. Mais pour comprendre quelle serait la cause de cette catastrophe, il faut chercher des indices parmi les autres installations artistiques dont celles de Caroline Mesquita, Christoph Meier ou encore de Manolis D. Lemos pour ne citer qu’eux.

La plus impressionnante est incontestablement celle d’Emeka Ogboh (né en 1977 à Enugu), The Way Earthly Things are Going (2017) qui se trouve dans l’une des anciennes tours de refroidissement du site Asiat. D’abord conçue pour l’édition athénienne de la Documenta 14 de 2017, l’œuvre est composée d’écrans LED sur lesquels défilent les cours mondiaux de la bourse en temps réel accompagnés d’un chant lamentatif grec, When I Forget, I am Glad. Il est difficile d'oublier l'émotion ressentie à l’écoute de ce chant polyphonique qui résonne dans les parois de cette tour désaffectée devenue lieu de prières ou de lamentations propice à l’introspection. Le décalage entre la complainte répétitive du chant traditionnel et l’enchainement d’informations sur les écrans boursiers nous questionne sur la lutte permanente de l’homme pour sa propre survie pendant que des intelligences artificielles dépourvues d’humanité décident du sort économique mondial.


L'installation "The Way Earthly Things are Going" (2017) d'Emeka Ogboh

Là réside toute la force de proposition de l’exposition Fallen empires and refound desires. En présentant des installations artistiques pensées par de jeunes talents émergents parfaitement conscients des défis présents et à venir, l’exposition nous pousse dans nos retranchements et nous bouscule dans nos certitudes. On en sort déboussolé mais confiant quant à cet avenir incertain mais indéniablement porteur d’espoir.

Cet espoir passe également par les moments de communion, de célébration et de fête qui marqueront l’apogée du festival les 13, 14 et 15 septembre prochains puisque le festival Horst accueillera une liste d’artistes locaux et de renommée internationale tels que Fred P., Marcel Dettman, Joy Orbison, Motor City Drum Ensemble, Tama Sumo, Mall Grab, Bambounou, Simo Cell, etc. La liste est longue et constitue une programmation musicale cohérente qui réunira les amateurs de techno et de house les plus pointilleux. Elle a même permis au festival Horst d’être dans le top 10 des festivals sélectionnés pour le mois de septembre par l’incontournable site Resident Advisor. De plus, de nouvelles installations artistiques et scénographiques complèteront la liste d’œuvres d’art déjà exposées qui, quant à elles, resteront accessibles tout le long du festival.


Fidèle à son ambition de décloisonner les frontières entre les arts, Horst renoue avec le caractère contestataire inhérent au mouvement contre-culturel, berceau du genre de la techno et de la house, grâce à une sélection pointue d’artistes à la fois plasticiens et musiciens qui bousculent les genres et s’approprient un lieu abandonné pour en apporter un nouveau souffle, un nouveau départ pour une nouvelle vie en marge d’une société jugée obsolète et menaçante. Le temps d’un week-end, Horst sera une bulle artistique utopique et transgressive qu’on aimerait ne jamais voir éclater.


L’accès à l’exposition est disponible tous les mercredis, samedis et dimanches de 12h00 à 22h00. L’entrée est entièrement gratuite mais sera réservée uniquement aux festivaliers munis de leurs tickets lors du festival, du 13 au 15 septembre 2019. Pour te procurer ta place, c’est par ici. Et si tu es trop fauché, tu peux toujours tenter de gagner ta place ici.


HORST horstartsandmusic.com Mechelsesteenweg 255 1800 Vilvorde HORST exhibition Du 14 juillet au 16 septembre 2019 HORST festival Du 13 au 15 septembre 2019.

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