Guide de survie d'une meuf en teuf

On ne t’apprend rien en te disant que le monde de la nuit et de la fête sont des milieux particulièrement hostiles quand on est une meuf. La noirceur de la nuit, la consommation d’alcool et/ou de substances illicites, l’excitation palpable de la fête participent à la création de situations à risques voir même dangereuses. On a pensé qu’il était temps de revoir quelques principes simples, basiques, loin des conseils douteux à base de « Mesdames, rentrez chez vous accompagnées. » et autres discours paternalistes qui tendent à brider la liberté des femmes en les infantilisant. Ce petit guide est là pour déculpabiliser toutes les meufs qui aiment la teuf.


1. En boum-boum short tu sortiras ! Ta tenue vestimentaire n’a aucune, mais alors aucune responsabilité s’il t’arrive quelque chose. S’il faut blâmer ton mini-short ou ton nombril à l’air, c’est uniquement en cas de rhume. Pour sortir, la règle est simple : tu t’habilles comme tu veux ! Que tu sois plutôt team confort avec un hoodie et une bonne paire de sneakers ou plutôt team glamorous à sortir ta paire de talons et ta robe dès que la nuit tombe, comme le dit si bien Ronald, venez comme vous êtes ! Plains celles et ceux qui veulent te faire croire du contraire, leurs vies doivent être aussi ternes et moroses que leurs tenues vestimentaires. Malheureusement trop souvent encore en 2019, en cas d’agressions ou de viols, la première question qu’on posera à la victime, est la terrible : « Que portiez-vous au moment des faits ? » Il est donc primordial que tout le monde comprenne, hommes et femmes, que non l’habit ne fait pas le viol. Comme le démontrait l’exposition What were you wearing ? organisée en 2018 par l’Université du Kansas aux États-Unis et qui à travers 18 histoires vraies de violences sexuelles, exposait les tenues des victimes. Spoiler alert : pas de mini-jupe ou de boum-boum short en vue (au cas où le doute demeurait encore dans le tête de certain.e.s.)

2. In twerk, we trust !

Tu aimes te déhancher, secouer ton popotin, remuer tes seins, rouler des mécaniques ? Le twerk en caleçon à paillettes est ta nouvelle passion ? Vas-y, fonce ! Profite du son et remue-nous tout ça !

Ta façon de danser n’est pas une invitation à te faire toucher. Alors ok, le twerk est une danse sensuelle, parfois même jugée comme étant « sexuellement provocante » (coucou les vieux réac’ !) mais danser ce n’est pas consentir ! Personne, absolument personne, n’a le droit de te toucher sans ton accord. Puis on va pas se mentir, twerker ça fait marrer les potes et ça flatte un peu l’ego, alors pourquoi s’en priver ?


3. Des étrangers.ères, tu ne dois pas te méfier !

En tout cas, pas plus que nécessaire ! L’être humain est un animal social qui s’épanouit au contact des autres. Ne deviens pas cette personne aigrie et apeurée qui reste dans son coin. Les statistiques (ouais ce truc qui nous a pourri la vie durant nos études s’avère en fait utile) parlent d’elles-mêmes : une enquête de 2019, faite par l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, a dévoilé des chiffres plus qu’effarants. Dans 90% des témoignages (hommes et femmes, adultes confondus), les agresseurs sont des proches connus de la victime. Le tumblr Je connais un violeur recueille des témoignages de victimes de violences sexuelles et constitue une preuve supplémentaire de ce terrifiant constat. Désolée de te le dire, mais statistiquement tu as plus de chances de te faire agresser sexuellement par ce pote de pote de soirée que tu croises régulièrement lors de before que par un monstre tapi derrière un buisson qui attend patiemment la tombée de la nuit en se pourléchant les babines avant de sauter sur sa proie. Enfant, on te disait de ne pas parler aux inconnu.e.s mais tu n’en es plus un.e contrairement à ce que veut nous faire croire notre chère société patriarcale. Arrêtons de croire au conte du Chaperon Rouge dont la petite fille inoffensive se fait dévorer car elle a eu le malheur de parler au loup et ne nous empêchons pas de vivre. Se méfier de tout le monde ne sert à rien, si ce n’est renforcé notre propre sentiment d’insécurité déjà suralimenté par les médias mais ne soyons pas non plus dupes. Le plus simple reste de toujours suivre ce que te dit ton instinct. Prudence donc mais ne tombons pas dans la paranoïa. La sécurité ne devrait jamais prendre le pas sur la liberté.

4. Les portiers et la sécurité sont nos amis. Trop souvent mal-aimés, jugés trop agressifs ou désagréables, les portiers ont mauvaise réputation. Et pourtant, ils ne sont pas uniquement à l’entrée des clubs à juger les faciès pour savoir qui a le droit ou non d’entrer dans l’établissement. Les portiers sont surtout là pour assurer la sécurité de tous.tes et veiller à ce que la fête se passe dans les meilleures conditions possibles. Tu ne le vois pas car tu es probablement trop occupé.e à mettre le feu sur la piste de danse mais les sorteurs se glissent aussi au sein de la foule pour observer attentivement les comportements des fêtard.e.s. S’ils voient quelqu’un de trop tactile ou pire, qui ajoute de la drogue dans des verres, ils se font un plaisir de dégager ce genre d’énergumène qui n’a clairement pas sa place dans le milieu de la fête. Alors si quelqu’un se montre trop insistant ou qui s’est permis de te toucher ou de se frotter à toi sans ton accord, ou si tu vois quelqu’un qui vit ce genre de situation, cherche un membre de l’équipe de sécurité ou un membre de l’établissement qui pourra prévenir les personnes en charge de la sécurité. Personne ne veut que la fête soit écourtée pour une tragique histoire d’agression sexuelle, encore moins les gérants des clubs qui veillent à leur image et à leur réputation. Promis, personne ne te traitera de pookie et qui sait, en le faisant tu sauveras peut-être quelqu’un d’autre d’une agression sexuelle. Plutôt badass, non ?

5. En la sororité, tu crois et tu promouvras.

On dit souvent que les femmes entre elles sont mesquines, hypocrites ou même méchantes. Ce genre de cliché continue d’être véhiculé afin de mieux nous diviser. Pourtant, il suffit d’observer l’effervescence qui a eu lieu autour des mouvements #metoo, #balancetonporc ou encore plus récemment #timesup : quand les femmes unissent leurs voix pour n’en former plus qu’une, elles se font enfin entendre. Tu l’auras compris, l’union fait la force. Et si on se montrait un peu plus bienveillantes les unes envers les autres en se soutenant mutuellement ? Cette entre-aide dans le milieu de la nuit passe par des petits gestes qui peuvent faire une grande différence, comme par exemple servir un verre d’eau à une personne trop éméchée, appeler un taxi à ta pote qui t’assure que si,si, elle est capable de rentrer seule à 6h du mat’ alors qu’elle tient à peine debout, ou bien encore s’interposer dans une dispute qui dégénère ou veiller à ce que ton ami.e qui quitte la fête un peu plus tôt que les autres, t’envoie bien un message pour te confirmer qu’i.el est rentré.e sain.e et sauf.ve, etc. Dans un monde parfait, nous n’aurions pas à mettre en place ce genre de stratagème pour se sentir en sécurité mais si déjà entre nous, nous nous soutenons dans des situations à risques, nous aurons déjà gagné une partie de la bataille. Ensemble faisons en sorte que le milieu de la nuit et de la fête restent des lieux de célébration où chacun.e se sent libre d’être comme il est et en toute sécurité.

Et toi, quels conseils donnerais-tu pour que la fête soit un espace sûr pour tous.tes?



En cas de violences sexuelles, tu peux : - contactez la police au 101. - Aller dans un Centre de prise en charge des violences sexuelles (CPVS). Depuis peu, trois ont ouvert en Belgique :

CPVS Bruxelles 02/535.45.42 CPVS@stpierre-bru.be Rue Haute 320, 1000 Brussel (Métro 2 et 6 : station Porte de Hal ; Pré- métro: 3 - 4 - 51 arrêt Porte de Hal ; Bus : 27,48 arrêt Saint-Pierre/Porte de Hal ; Bus De Lijn et TEC : Saint-Gilles (Porte de Hal/Blaes)

CPVS Liège 04/367.93.11 cpvs@chu.ulg.ac.be Entrée par le service des urgences CHU Liège : Urgences des Bruyères, Rue de Gaillarmont 600 à 4032 Chênée ZSG Gent 09/332.80.80 zsg@uzgent.be Entrée 47 du CHU Gent - UZ Gent, C. Heymanslaan 10, 9000 Gent (tram 4, dernier arrêt: UZ; bus 5, arrêt UZ)

-Contacter des asbl d’écoute, comme par exemple : SOS Viol 02/534.36.36

Rue coenraets, 23 - 1060 Saint-Gilles

Article co-écrit par Nora Cailleau et Emilie Bauer, rédactrice en chef.

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