DOUR FESTIVAL : Découvrez Les portraits d'Amandine Lesay

Amandine Lesay, ce nom vous dit peut-être déjà quelque chose, et pour cause, on vous parlait déjà d’elle à l’occasion de l’inauguration de sa fresque murale à l’Institut des Arts et Métiers dans le cadre du Grand Départ du Tour de France à Bruxelles, le 3 juin dernier. Mais l’artiste bruxelloise, originaire de Paris, ne s’est pas arrêtée en si bon chemin cet été : elle était l’artiste mise à l’honneur lors du festival de Dour. Pour l’évènement, elle a peint une sélection d’artistes sur des bâches et posters exposés durant les 5 jours du festival. On a donc voulu en savoir plus sur cette artiste qui compte bien marquer la scène artistique de son coup de pinceau.

Booba et Kaaris côte à côte, ou encore Orelsan, VALD, Amélie Lens ou Nina Kravitz, les festivaliers de Dour n’ont pas pu les manquer puisque ce sont les artistes qui se sont faits refaire le portrait par Amandine Levy, de son vrai nom. « J’avais déjà fait beaucoup de décorations pour des festivals, j’ai notamment travaillé avec le festival Calvi on The Rock ou encore Tomorrowland pendant plusieurs années. » L'artiste a toujours eu un lien privilégié avec les festivals de par son travail artistique et son attachement à la musique. L'impulsion du projet vient de sa collaboration avec la marque parisienne Pantheone pour laquelle elle réalise des illustrations utilisées sous forme de motifs pour des vêtements. La marque a par la suite été contactée par le duo de rappeurs français PNL pour leur marque QLF (Que La famille). « C’est là que j’ai commencé à faire des portraits de rappeurs dans l’idée de faire des motifs pour eux. Ça ne s’est malheureusement pas fait pour une histoire de timing. »

Amandine Lesay ne le sait pas encore, mais ce rendez-vous manqué marque le début d'un projet qui va ne cesse continuer de grandir et de se développer au fil de ses rencontres. Mais pour mieux le comprendre, il faut connaître le parcours hors du commun de cette artiste aux multiples facettes.

Avant de s’installer à l’âge de 20 ans à Bruxelles, Amandine Lesay a évolué pendant des années dans le mouvement vandale à la fin des années 90 à Paris. « J’ai commencé à faire du graffiti vers l’âge de 14 -15 ans. J’ai fait partie de la scène vandale dans les années 97 avec le collectif CLM (Contre le métro). On était assez actifs, on graffait beaucoup de métros et de trains. »

C’est une fois diplômée de l’école de La Cambre à Bruxelles que tout s’accélère pour elle : expositions solo dans des galeries d’art ou dans des foires internationales d’art, prix du concours de jeune artiste lors de la Fairtable Art Fair. Les galeries et les institutions muséales comme le Palais de Tokyo, le Musée des Armées et le Musée juif lui ouvrent leurs portes et pourtant, l’artiste fidèle à elle-même gardera toujours un pied dans la street : « J’aime pas l’idée de rester dans un truc trop « institutionnel » voir même le travail en galerie. A un moment, je fus beaucoup attirée par d’autres domaines. » Et en effet, tout au long de sa carrière, Amadine Lesay multiplie les collaborations : salons de tatouage pour lesquels elle dessina des flash tattoo à partir de paroles de rap, ou encore des partenariats avec des marques de vêtements dont Patheone mais aussi Adidas, Agnès b., Bellerose,… et même une pochette d’album de musique primée au Brésil ! La musique a d’ailleurs toujours eu une place importante pour elle, en particulier le hip-hop, le milieu qui l’a vu grandir.

Des festivalières à Dour vues par © Amandine Lesay
« J’ai voulu montrer les dérives générationnelles, être une témoin de ma génération qui fait la fête, écoute de la musique, danse, se défonce. Pas pour en tirer un portrait trash mais pour justement montrer la beauté de l’effervescence de la jeunesse et de ce mouvement dont j’ai toujours fait partie. »

Être une témoin de son époque pour « donner une manière de voir le monde actuel » à ses contemporains, tel est le rôle de l’artiste selon elle. « Il y a vraiment quelque chose qu’il se passe actuellement sur la scène hip-hop et particulièrement dans le rap francophone. Il y a énormément de talents qui émergent et le genre même est en train de s’ouvrir au grand public. Maintenant quand on se rend dans un festival, on se rend compte qu’il y a énormément de rap aujourd’hui. […] Je viens de ce mouvement underground et j’ai vu son évolution et la manière dont le mouvement s’est ouvert au public. Ce qui intéressant est de savoir comment le faire évoluer justement. Et du coup, j’ai vraiment senti qu’il y avait quelque chose à faire à ce niveau-là. Personnellement, j’ai un amour particulier pour le traitement du portrait que j’adore faire. Je suis très sensible au rap et j’écoute absolument tout ce qui peut se faire actuellement et j’avais envie de trouver une articulation entre le visuel, mes qualités en tant que portraitiste qui vient de ce milieu-là et d’adapter ça à ce boum qui est train de se produire. Donc j’ai commencé par faire des portraits de rappeurs avec l’idée de créer un papier-peint de rappeurs, un papier-peint d’icônes modernes car selon moi, les rappeurs sont actuellement les nouvelles icônes modernes. » Amandine Lesay poursuit alors son travail de portraits d’artistes ce qui lui vaut d’être invitée à se produire lors d’une performance artistique, un live-painting pour FiftyFifty Session le 30 janvier dernier. Elle peint pour l’occasion les portraits des artistes invités : Poté et Darrell Cole. « Au moment où j’ai fait leurs portraits, j’ai vraiment eu un bon retour, à la fois des artistes mais aussi des organisateurs qui étaient hyper emballés, ce qui m’a encouragé. Et puis l’équipe de Dour m’a demandé d’être l’artiste mis à l’honneur cette année. J’avais totalement carte blanche et j’avais donc envie de continuer cette série de portraits des artistes que je voulais mettre en avant :

des rappeurs, des femmes belges aussi comme Amélie Lens ou encore Charlotte de Witte par exemple, ou encore IAMDDB, une rappeuse anglaise. […] J’ai donc eu mes portraits imprimés pour le festival de Dour sur des grandes bâches et j’avais aussi envie de continuer dans cet esprit papier-peint donc on a également réalisé des posters qu’on a offert au backstage. J’avais envie d’avoir un rapport particulier avec les artistes car j’aimerais leur proposer des collaborations […] Je dois dire que l’accueil a été super même de la part de certains artistes que je n’avais pas dessiné et qui sont venus me voir en me disant « Si je suis là l’année prochaine, je veux aussi mon portrait ! » J’ai aussi eu énormément de messages de la part de certaines personnes du public qui m’ont écrit pour me dire merci, qu’ils ont adoré mon travail et qu’ils aimeraient bien se procurer mes dessins. C’est aussi pour le public de Dour que je l’ai fait et d’avoir cette reconnaissance-là de la part du public, c’est tout aussi important. »

Un travail unanimement salué par les artistes et le public et qui souligne une fois de plus le talent incontesté d’Amandine Lesay dont la spécialité est justement le portrait. « J’adore dessiner des paysages et des ambiances urbaines mais c’est vrai que des portraits de mes contemporains, d’artistes ou de mes amis, c’est une manière pour moi de décrire mon quotidien, de dessiner ce que j’ai sous les yeux. Après d’un point de vue de sensibilité artistique, j’adore la manière dont on peut travailler avec pleins de couleurs pour le traitement de la peau et l’expression qu’on sait donner à un visage. C’est-à-dire que si tu vois les photos d’après lesquelles je suis partie et les portraits, ça peut être intéressant de voir la différence entre une photo Google pixélisée qui n’a pas vraiment d’âme et le portrait que j’ai dessiné.

Je vois par exemple quand j’ai donné mon portrait à Damso, à trois reprises il m’a dit « Tu m’as dessiné beaucoup plus beau que ce que je suis en réalité » En fait, je mets dans mes portraits ma propre sensibilité. Ce à quoi je lui ai répondu « Tu cherches à avoir un compliment ! » (rires). En fait quand tu dessines et que tu regardes les choses avec amour, et bien cet amour se transmet dans ce que tu dessines. Et du coup tu les rends « plus beau » car tu y mets ton point de vue et ton envie de retransmettre une émotion. Et je pense qu’à travers le portait, tu peux transmettre beaucoup d’émotions, dans un regard, une expression, un grain de peau, une couleur ou même dans un poil de barbe. »

Il est justement difficile de rester insensible à la beauté quasi chimérique des portraits d’Amandine Lesay à tel point qu’on s’attendrait presque à ce que ses portraits prennent vie pour sortir de la toile. « Quand je décide de faire un portrait de quelqu’un dont j’aime la musique, je vais totalement m’immerger dans son univers. Je vais regarder tous ses clips et je vais écouter sa musique. En dessinant, je vais essayer de retransmettre tout ce que j’ai pu découvrir de cette personne. Si je dessine cette personne, en même temps je l’écoute. Il y a des choses qui sont intuitives, intrinsèques, au-delà des mots ou de la réflexion. » Et effectivement, le travail artistique d'Amandine Lesay peut s’appréhender sans mots, sans réflexion, seule l'émotion est en éveil. Les portraits des artistes sont magnifiés par sa sensibilité et son trait juste et équilibré pour une immersion totale dans l'univers coloré et vibrant de l'artiste bruxelloise.

IAMDDB par © Amandine Lesay

Action Branson par © Amandine Lesay


Moha La Squale par © Amandine Lesay

Skepta par © Amandine Lesay

Orelsan par © Amandine Lesay

Amandine Lesay

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